L'Europe face à la crise financière : Etat des lieux de la crise financière en Europe

La crise des "subprimes : mortgages" déclenchée l'année dernière aux États-Unis, fragilise actuellement les banques, précipite la chute des indices boursiers et déprime le système financier de l'Union Européenne. Le point sur cette crise financière sans précédent qui prend des proportions pour le moins, inquiétantes.
De la « crise des subprimes » à la « crise inter-bancaire »
Pour le moment, la crise financière internationale n’a entraîné aucune faillite bancaire majeure en Europe. Pourtant de nombreuses banques ont mis beaucoup de temps avant de reconnaître qu'elles étaient touchées par la crise et dévoiler les pertes qu'elles avaient subies. Il aurait été préférable de l'avouer au préalable afin de limiter les risques de rachat ou la défiance des clients et des autres banques. Or cette attitude a conduit à une incertitude persistante sur le montant des engagements des banques et ainsi provoqué des secousses sur les marchés financiers.
En France, le Premier ministre François Fillon affirmait, en ce début de mois d’octobre, « il n’y aura pas de faillite de banque en France ! ». A ce stade, les banques européennes ont autant souffert que les Etats-Unis malgré les interventions répétées de la Banque Centrale Européenne (BCE) Notons par exemple les cas de UBS qui a perdu 18,7 milliards de dollars, le Crédit agricole 4,8, HSBC 3,4, la Deutsche Bank 3,1, la Société Générale 3 milliards et Barclays 2,7. Ces pertes ont conduit certaines d'entre elles à se recapitaliser pour disposer des moyens nécessaires à leur développement. Dans la majorité, les établissements bancaires ont été aidés de plusieurs fonds souverains comme Government of Singapore Investment Corporation (GSIC) entrée au capital d'UBS en apportant 11 milliards de dollars ou China Development Bank et GSIC injectant 11,5 milliards de dollars dans Barclays. En revanche, la crise financière a mis au bord du gouffre deux établissements publics allemands, Sachsen LB et IKB. Il a fallu l'intervention de l'État pour sauver la Banque IKB de la faillite tandis que plusieurs banques régionales ont été rachetées après avoir subi d'importantes pertes liées à des prêts consentis aux États-Unis. A y voir de plus près, l'ampleur de la crise et sa généralisation s'explique par la titrisation des créances c’est-à-dire la transformation des crédits hypothécaires à risque en titres négociables. Cela consiste pour une banque à les revendre sur des marchés spécialisés à des investisseurs, lesquels émettent et revendent ensuite des obligations adossées à un "paquet" de créances, qui se sont parfois retrouvées dans des SICAV monétaires traditionnellement jugées sans risque. Le risque induit par le prêt initial se trouve ainsi transmis successivement à différents investisseurs tandis que les "paquets" de crédit conduisent à mélanger des niveaux de risque différents. Dans cette frénésie de pertes bancaires, le recul des marchés financiers a été plus fort encore en Europe qu'aux États-Unis. La Bourse de Londres et Wall Street à New York se sont rapidement retrouvés à leur plus bas niveau depuis cinq ans.

Paniques boursières : Baisses vertigineuses pour Wall Street et le CAC 40Wall Street chute, le CAC en légère hausse
Au lendemain d'une débâcle historique à New York et quelques heures avant un sommet des grands argentiers du Groupe des Sept (G7) à Washington, les places européennes ont ouvert le mois d'octobre en chute libre : Le 7 octobre par exemple, la Bourse de Paris s’effondre, le CAC 40 plonge de 9,68%, la Bourse de New York a fini en forte baisse en soirée, le Dow Jones perdait 5,11% et le Nasdaq 5,80% emportant avec eux, les places asiatiques où à Tokyo, l'indice Nikkei s'est effondré de 9,62%, sa pire baisse en une séance depuis 21 ans. Quant à la bourse de Londres, elle a gagné 0,35% à la clôture de la séance, Francfort a cédé 1,12% et l'Eurostoxx 50 a pris 0,22%. La place parisienne avait clôturé sur un nouveau repli deux jours plus tard (-1,55%) après avoir maintes fois dégringolé les jours suivants. En Allemagne, l'indice vedette Dax de la Bourse de Francfort chutait lui aussi de plus de 10% peu après l'ouverture sur un marché paniqué. Pour ainsi dire, une semaine instable d'un affaiblissement généralisé où les marchés européens ont stagné après des passages dans le rouge dés la matinée. Tout comme ce jeudi noir, la Bourse de New York a connu une séance cauchemardesque, la pire depuis le krach d'octobre 1987 : le Dow Jones plongeait de 7,33% et atteignait son plus bas niveau depuis cinq ans. Wall Street s'était pourtant ouvert en légère hausse mardi matin après que la Réserve fédérale américaine ou la Fed, ait annoncé des mesures en faveur du financement des entreprises avec quatre autres banques centrales à savoir la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne et la Banque nationale suisse. De nouvelles opérations de refinancement destinées à alimenter le circuit bancaire international en dollars jusqu'à la fin de l'année. La Fed pourrait ainsi baisser ses taux avant même sa prochaine réunion prévue le 29 octobre prochain.
Dans cette attente, un véritable consensus politique des 27 s'est enfin établi afin de minimiser l'impact de la crise financière en Europe.

Les 27 se mettent d’accord mais sous certaines conditions

Après la cacophonie de ces derniers jours, ni la multiplication des mesures et garanties gouvernementales en faveur du secteur bancaire, ni l'annonce de baisses de taux concertées des sept grandes banques centrales, n'ont suffi à rassurer un marché fébrile, affolé par la propagation de la crise financière et ses répercussions économiques dans l’Union européenne.

Après leurs stratégies du « chacun pour soi », les 27 se sont plus ou moins mis d'accord : Ils ont ainsi pris leur première mesure concrète commune face à la crise financière mondiale afin de sauver leurs banques et rassurer les petits déposants.
L'objectif affiché des pays européens a été de rassurer les épargnants afin d’éviter une crise de défiance prolongée à l'égard des banques qui pourrait entraîner des retraits massifs des comptes. Pour cela, les pays de l'UE ont décidé mardi dernier à Luxembourg de plus que doubler de 20 000 à au moins 50 000 euros le montant minimum de garantie bancaire des particuliers en cas de faillite. Certains États membres comme l'Espagne, l'Autriche, les Pays-Bas, la Belgique et la Grèce ont souhaité aller plus loin, en relevant le seuil minimum à 100 000 euros. Une proposition qui n'a pas été du goût d'un nombre important de pays parmi les nouveaux États membres d'Europe de l'Est de la dernière vague d'adhésion de 2004, ainsi que le Danemark et la Finlande. Ces gouvernements ont fait valoir qu'un tel montant aurait été trop lourd à assumer budgétairement pour eux. Séance tenante, François Fillon a réaffirmé le 7 octobre dernier que l'Etat empêcherait toute faillite d'établissement bancaire en France, quitte "à en prendre le contrôle, à démettre les dirigeants qui n'ont pas réussi et à les remplacer", solution selon lui "préférable à celle d'une garantie générale des déposants". A noter que la France offre déjà une garantie à hauteur de 70 000 euros pour les dépôts et pour les titres. Ainsi pour tenter de rassurer les marchés financiers, les ministres ont fini par affirmer qu'ils soutiendraient tous leurs grands groupes financiers en cas de difficulté. "Nous nous sommes mis d'accord pour soutenir les institutions financières systémiques" c'est-à-dire les grandes banques, les compagnies d'assurance et les grandes groupes comme Fortis, Dexia, Hypo real Estate ou Bradford & Bingley au Royaume-Uni. Les 27 se sont également arrogé le droit de changer la direction des banques auxquelles ils apporteraient leur soutien, de supprimer les "parachutes dorés" et d'intervenir dans la détermination des plus hauts salaires. Ces principes pourraient faire l'objet d'une proposition de loi suivie au cas par cas par les gouvernements de l'UE présentée dans les prochains jours par la Commission européenne. Certains aspects avaient d'ailleurs été mentionnés sans beaucoup de précision lors du sommet de Londres du 29 janvier 2008 réunissant le Président de la Commission européenne, les chefs d'État et de gouvernement allemand, français, italien et britannique. De même, lors de la réunion du G7 à Tokyo le 9 février dernier. L’adoption d’une réponse commune, ambitieuse et efficace à la crise actuelle permettrait de toute évidence, d'en tirer les leçons et d'envisager ensemble l'avenir en toute sérénité.

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